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Partie 1a

Mme Cuthbertson : “Je m’appelle Mary Elsie Cuthbertson”. L’enquêteur : “Et quand êtes-vous née ?” Mme Cuthbertson : “Le 7 avril 1893.” Intervieweur : “Où êtes-vous née ?” Mme Cuthbertson : “A la ferme.” Interviewer : “C’était une grande ferme ? “C’était une grande ferme ?” Mme Cuthbertson : “Non, cent acres.”

L’enquêteur : “Aviez-vous des vaches laitières ?” Mme Cuthbertson : “Oui, et des chevaux. Interviewer : “Et vous aviez votre propre lait et vos propres œufs ? “Et vous aviez votre propre lait et vos propres œufs ?” Mme Cuthbertson : “Oui. Interviewer : “Et vous faisiez votre propre beurre ? “Et vous faisiez votre propre beurre ?” Mme Cuthbertson : “Oui.” Interviewer : “Vous deviez aussi faire votre propre pain, hein ?”

Mme Cuthbertson : “Oui, ma chère. Intervieweur : “Quel était le nom de votre père ?” Mme Cuthbertson : “Robert Hobbs.” L’enquêteur : “Et le nom de jeune fille de votre mère ?” Mme Cuthbertson : “Isabel Stark. Interviewer : “Et où sont-ils nés ? “Et où sont-ils nés ?” Mme Cuthbertson : “Stark’s Corners. Ma mère y est née.”

Interviewer : “Pouvez-vous nous donner les noms de vos frères et sœurs ?” Mme Cuthbertson : “Ernest, Tom, Stewart, Jack, Bob, Harry, Bill et Jeffrey. L’enquêteur : “Des sœurs ?” Mme Cuthbertson : “Ma sœur était Edith.” Intervieweur : “Où sont-elles aujourd’hui ?” Mme Cuthbertson : “À Ottawa. “ Interviewer : “Toute la bande ?”

Mme Cuthbertson : “Non, mes frères sont tous morts. Intervieweur : “Pouvez-vous nous parler de vos premiers souvenirs de votre église ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, c’était l’église Wesleyan. C’était une église mobile sur l’autoroute, près de l’école Knox. Elle a brûlé et, par la suite, ils sont venus ici, à Shawville, et ont pris le bâtiment situé derrière le magasin de W.A. Hodgins. Intervieweur : “Et vous souvenez-vous de professeurs de l’école du dimanche ?” Mme Cuthbertson : “Il y avait M. Black et M. Bean.” Interviewer : “Parlez-moi un peu de votre école.”

Mme Cuthbertson : “De toute façon, c’était loin de la maison. Nous avons dû marcher.”

Interviewer : “Vous souvenez-vous de vos professeurs ?” Mme Cuthbertson : “Il y avait Mlle Wetan ( ?), Mlle Armstrong.” Interviewer : “Combien y avait-il d’élèves ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, trente-cinq à quarante.” Interviewer : “Quelles matières avez-vous suivies ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, nous n’avions pas de français. Nous avions l’anglais, l’histoire, l’orthographe, l’écriture.” Interviewer : “Et avez-vous terminé l’école ?”

Mme Cuthbertson : “Non, ma chère. Intervieweur : “Qu’avez-vous fait après avoir quitté l’école ?” Mme Cuthbertson : “J’ai travaillé à la ferme.” Intervieweur : “Pouvez-vous me parler de George Caters ? “Pouvez-vous me parler de George Caters, le batelier ?” Mme Cuthbertson : “C’était un vieil homme très gentil. Un vieil Anglais. Il se promenait et vendait de l’eau aux gens de la ville. Intervieweur : “Et il allait de maison en maison ?” Mme Cuthbertson : “Je pense que oui. Il ne sortait pas beaucoup à la campagne”.

Interviewer : “Et allait-il à la foire de Shawville ?” Mme Cuthbertson : “Pas beaucoup jusqu’à ce que je grandisse”. Interviewer : “Et combien demandait-il ? “Et combien demandait-il ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, je crois qu’il demandait environ vingt-cinq cents.”

Partie 1b

Interviewer : “Vous souvenez-vous de la première foire à laquelle vous avez assisté ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, ma chère, je ne pourrais pas vous dire quelle a été la première.” Interviewer : “Eh bien, pourriez-vous me dire la première ? “Eh bien, pourriez-vous me dire la plus ancienne ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, cela n’avait rien à voir avec ce que nous avons aujourd’hui.” Interviewer : “Y avait-il des concours hippiques ?” Mme Cuthbertson : “Oui.” Interviewer : “Y avait-il des expositions de vaches, des manèges, de la nourriture et tout le reste ?”

Mme Cuthbertson : “Oh oui. Nous avons pensé que c’était une bonne chose parce que tout le monde a apporté à la foire différentes sortes de tartes et de gâteaux que nous avions l’habitude d’avoir”. Interviewer : “Et y avait-il des spectacles de broderie ?” Mme Cuthbertson : “Oh oui.” Interviewer : “Avez-vous déjà participé à un concours ? “Avez-vous déjà participé à un concours ?” Mme Cuthbertson : “Non, jamais.” Interviewer : “Votre mère l’a-t-elle fait ? “Votre mère l’a-t-elle fait ?” Mme Cuthbertson : “Non.”

L’enquêteur : “Combien deviez-vous payer pour un repas ? Mme Cuthbertson : “Oh, je ne pourrais pas vous le dire. Peut-être une pièce de 25 cents.” Interviewer : “Eh bien, c’est pas mal : “Eh bien, c’est très bien. Pourriez-vous me parler de Mac McGuire et de la maison Russell ?” Mme Cuthbertson : “Je ne connaissais pas cet homme.” L’enquêteur : “Et la fromagerie ?” Mme Cuthbertson : “J’y suis souvent allée. ( ?) Hodgins la dirigeait.” Interviewer : “Et la fromagerie de Ralph Hodgin ? “Et la briqueterie de Ralph Hodgin ? Vous souvenez-vous de quelque chose à propos de la briqueterie ?”

Mme Cuthbertson : “Non, je connaissais mieux Wellington Armstrong”. Intervieweur : “Pourquoi ne me parlez-vous pas de celui-là alors ?”

Mme Cuthbertson : “Je n’ai jamais été là où ils fabriquaient des briques, mais je les ai vus transporter leur argile et la mettre dans de petites coquilles pour la faire brûler. C’est à peu près tout. Je pensais que les Armstrong formaient un couple merveilleux”.

Interviewer : “Y a-t-il une histoire particulière qui vous vient à l’esprit à propos des débuts de Shawville ?” Mme Cuthbertson : “Nous allions à Shawville pour faire nos courses.” L’enquêteur : “Y a-t-il quelqu’un qui a vraiment marqué votre vie ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, je ne peux pas dire, sauf les pasteurs, que je trouvais merveilleux. Sinon, je ne peux pas dire.” Intervieweur : “Vous vivez dans cet appartement depuis environ un an, n’est-ce pas ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, en octobre, cela fera un an.” Interviewer : “Et combien de temps avez-vous vécu à la ferme ?”

Mme Cuthbertson : “Soixante ans, je dirais. J’avais vingt et un ans quand je me suis mariée”.

Interviewer : “Et votre mari travaillait-il à la ferme ?” Mme Cuthbertson : “Oui, il a construit la maison. Interviewer : “Avant votre mariage ? “Avant votre mariage ?” Mme Cuthbertson : “Oui, avant de me marier.” Interviewer : “Et vos enfants sont nés à Shawville ? “Et vos enfants sont nés à Shawville ?” Mme Cuthbertson : “Dans la maison. Je ne suis jamais allée à l’hôpital. Interviewer : “Combien d’enfants avez-vous eus ? “Combien d’enfants avez-vous eu ?”

Mme Cuthbertson : “J’ai des jumeaux ; mes premiers bébés étaient des jumeaux – Elsie et Edith. Intervieweur : “Avez-vous eu d’autres enfants ?” Mme Cuthbertson : “J’ai deux garçons, Clarence et Jimmy.” Intervieweur : “Pouvez-vous me parler un peu de votre enfance ? “Pouvez-vous me parler un peu de Mike Murphy ?” Mme Cuthbertson : “Oh, je ne peux pas dire grand-chose sur cet homme. Je l’ai connu, c’est tout.” Intervieweur : “Était-il un homme sympathique ?” Mme Cuthbertson : “Assez sympathique pour quiconque souhaitait le fréquenter. C’était un homme de la campagne ; il n’était pas de notre genre. Mon mari l’aimait beaucoup. Il travaillait très bien.”

Interviewer : “Vous vous souvenez donc des meurtres, hein ?” Mme Cuthbertson : “Oh, oui.” Interviewer : “Quelle a été votre réaction ? “Quelle a été votre réaction ?” Mme Cuthbertson : “Nous nous sommes sentis très mal, mais nous avons appris plus tard que l’homme avait dû se protéger lui aussi.”

Partie 2a

Interviewer : “Êtes-vous d’accord avec le verdict, à savoir qu’il s’agit d’un criminel ?”

Mme Cuthbertson : “Je pense que oui. Mais je n’aimerais pas être dans sa situation, j’essaierais de me protéger”.

L’enquêteur : “Vous souvenez-vous des garçons ?” Mme Cuthbertson : “Oui, je me souviens bien d’eux.” Interviewer : “Et quel âge avaient-ils ? “Et quel âge avaient-ils ? C’étaient des enfants de douze ou treize ans ?” Mme Cuthbertson : “Oh, non. Dix-huit ou vingt ans. Ce n’étaient pas des enfants. Intervieweur : “Que faisiez-vous l’été quand vous étiez enfant ?” Mme Cuthbertson : “Oh, pas grand-chose.” Interviewer : “Travailliez-vous à la ferme ? “Travailliez-vous à la ferme ?”

Mme Cuthbertson : “Oui. Interviewer : “Vous aidiez votre mère, ou vous aidiez dans les champs ?” Mme Cuthbertson : “J’aidais ma mère. Et j’aidais aussi mon père lorsqu’il venait avec des chargements de foin. Je m’en souviens. La vie n’était-elle pas dure ?” L’enquêteur : “Oui. Et que faisiez-vous en hiver pour vous divertir ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, il n’y avait pas grand-chose. Nous faisions des bonshommes de neige.” L’enquêteur : “Vous faisiez des promenades en traîneau ou autre chose ?” Mme Cuthbertson : “Oui, j’ai fait du traîneau.”

Interviewer : “Aviez-vous l’habitude de décorer les chevaux avec des cloches ?” Mme Cuthbertson : “Non, non.” Enquêteur : “Y a-t-il des loisirs dont vous vous souvenez lorsque vous étiez enfant et que vous ne retrouvez plus aujourd’hui ?” Mme Cuthbertson: “Oh non, jouer au ballon, à cache-cache.” Interviewer : “Quelles sont les plus grandes différences entre la vie d’aujourd’hui et celle de votre enfance ?” Mme Cuthbertson : “C’était une vie complètement différente.” Interviewer : “Pensez-vous que les jeunes sont gâtés ? “Pensez-vous que les jeunes sont gâtés ?”

Mme Cuthbertson : “Je ne dirais pas qu’ils sont gâtés, mais ils ont beaucoup de liberté”. Intervieweur : “Pensez-vous qu’ils ont trop de liberté ?” Mme Cuthbertson : “Je ne sais pas. Comment changeriez-vous cela ?” L’enquêteur : “Disons que vous voudriez que les enfants trouvent un emploi et d’autres choses du même genre.” Mme Cuthbertson : “Oh, ils ne se souciaient pas plus du travail à l’époque qu’aujourd’hui.” Intervieweur : “Que pensez-vous du fait que les enfants sortent plus tard le soir ?” Mme Cuthbertson : “Oh, ce n’est pas bon du tout.”

Interviewer : “Pensez-vous qu’il devrait y avoir un couvre-feu ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, les personnes plus âgées pourraient se reposer.” (Elle rit.)

Ou je suppose qu’ils peuvent dormir pendant la journée lorsqu’ils sont partis quelque part. Mais ils font parfois un vacarme épouvantable par ici.”

Partie 2b

Interviewer : “Pensez-vous que si nous avions plus à faire pendant la journée, nous serions trop fatigués pour nous promener à cheval le soir ?” Mme Cuthbertson : “Eh bien, ils n’avaient pas toutes ces voitures coûteuses.” L’enquêteur : “Ils n’avaient pas non plus toutes les machines modernes, hein ?” Mme Cuthbertson : “Vous étiez assez fatigué pour aller au lit le soir.” Interviewer : “Et l’église ? “Et l’église ? Pensez-vous que les gens respectent autant l’église ?” Mme Cutherbertson : “Eh bien, nous ne sommes plus aussi stricts pour être là pour les familles aujourd’hui que nous l’étions à l’époque”. Intervieweur : “Vous chantiez dans la chorale de l’église ?”

Mme Cuthbertson : “Non, il n’y avait pas de chorale. Intervieweur : “Mais tout le monde allait à l’église ?” Mme Cuthbertson : “Oui, tout le monde allait à l’église.” Interviewer : “Que pensez-vous de l’idée d’organiser la foire le dimanche cette année ?” Mme Cuthbertson : “Je pense que c’est ridicule. Je n’irai pas.”

(A ce stade, la conversation est très difficile à comprendre, mais Mme Cuthbertson dit quelque chose sur le fait que c’est contraire à la Bible et au sabbat de faire cela le dimanche).

 

Transcription par Sue Lisk