Fin juillet 1914, The Equity – l’hebdomadaire local du Pontiac – commence à alerter ses lecteurs sur la tempête qui s’annonce en Europe. Le 30 juillet 1914, alors que la crise s’intensifie, le journal note que l’Autriche-Hongrie semble « totalement déterminée à faire la guerre à la Servie, et les possibilités d’une guerre européenne générale semblent plus grandes que jamais pour la génération actuelle ». En l’espace de quelques jours, cette prédiction inquiétante est devenue réalité. Dès la première semaine d’août 1914, les gros titres de The Equity annoncent l’ouverture des hostilités sur le continent. Le bulletin de guerre du numéro du 6 août déclare : « GUERRE ! » La Russie et la France refusent d’accéder aux exigences de l’Allemagne et la guerre en découle ». À ce moment-là, l’Italie a « décidé de rester neutre », mais « la Grande-Bretagne sera probablement entraînée dans le conflit ». En effet, le 4 août, la Grande-Bretagne entre en guerre, entraînant avec elle le Canada et le reste de l’Empire.
L’édition suivante de The Equity annonçait la nouvelle. « La Grande-Bretagne a déclaré la guerre à l’Allemagne à 7 heures du soir le mardi 4 août », rapporte le journal le 13 août, « suite au refus de l’Allemagne d’observer la neutralité de la Belgique ».
En tant que membre de l’Empire britannique, le Canada est automatiquement en guerre lorsque la Grande-Bretagne l’est. Le journal fait également état des mesures prises pour renforcer les défenses du Canada – par exemple, l’acquisition de deux sous-marins sur la côte du Pacifique pour se prémunir contre les raiders allemands. C’est sur cette toile de fond nationale que la région du Pontiac se prépare à l’inconnu d’une guerre mondiale.
Dès la déclaration de guerre, les communautés du Pontiac commencent à mobiliser les hommes et les ressources pour l’effort de guerre. Les unités de milice et les volontaires locaux se préparent à répondre à l’appel. À la mi-août 1914, le sergent Harrold et le caporal T. Burton du Génie canadien font une tournée dans le district pour déterminer qui, parmi les ingénieurs locaux, est prêt à servir. Ils sont venus » pour vérifier combien de sapeurs étaient prêts à se porter volontaires pour le service actif « . Leur tournée de recrutement, rapportée dans le numéro du 13 août, montre que les membres de la milice du Pontiac s’apprêtaient à partir en guerre dès le début.
Le tir à la cible et l’entraînement militaire ont également pris un nouvel essor. Des annonces de réunions d’associations de carabiniers et d’autres exercices sont publiées. Dans un stand de tir local à Radford, par exemple, des tireurs de la milice se sont réunis pour un match de tir, ce qui a incité un correspondant de The Equity à dire qu’un certain tireur d’élite « devrait être éligible pour le contingent d’outre-mer, si un bon tir est la principale qualification ». De telles remarques, à moitié humoristiques, soulignent que de nombreux habitants du Pontiac réfléchissent à qui, parmi eux, ferait un bon soldat à l’étranger.
La communauté a également contribué à l’effort de mobilisation en fournissant du matériel vital, en particulier des chevaux. Au début de septembre, le Dr O’Hara, vétérinaire local de Shawville, est envoyé en mission officielle pour se procurer des chevaux de guerre. Il s’est rendu en voiture dans la région de la Gatineau pour inspecter et acheter des chevaux » à des fins militaires, en rapport avec le ministère de la Milice « . À la fin de la semaine, une cargaison de chevaux de cavalerie et d’artillerie quitte le comté. » Une autre voiture chargée de chevaux est partie d’ici mercredi dernier, sous la responsabilité du lieutenant Mills. The Equity pour être remis à l’armée. Ces références illustrent comment les fermiers et les propriétaires de chevaux de la région du Pontiac ont été recrutés pour fournir des montures à la nouvelle Force expéditionnaire du Canada qui se rassemblait au camp de Valcartier. Des hommes de la région, comme le lieutenant Mills, se chargent de rassembler et de transporter les animaux.
Les citoyens ordinaires, eux aussi, se sentent attirés par le service. Un certain nombre de jeunes hommes du Pontiac sont partis discrètement rejoindre les couleurs au cours de ces premières semaines, même si le journal n’a pas encore publié leurs noms. Un signe tangible de leur départ apparaît dans une brève note du 3 septembre : un pasteur de Shawville, le révérend Charles Reid, fait savoir qu’il est » arrivé sain et sauf à Queenstown, convoyé par un navire de guerre « dans son voyage vers la Grande-Bretagne. Il est l’un des premiers volontaires de la région à partir à l’étranger (dans son cas, probablement en tant qu’aumônier), et son passage en toute sécurité sous escorte navale est une nouvelle d’intérêt local. Petit à petit, le Pontiac envoie ses fils – et ses marchandises – à la guerre.
Alors que la réalité de la guerre s’impose, la communauté du Pontiac réagit avec un mélange de patriotisme, de charité et même une dose d’humour propre à la vallée de l’Outaouais. Le ton de The Equity soutient fermement la cause de l’Empire et encourage l’unité sur le front intérieur. Un éditorial publié au début de septembre fait l’éloge de l’esprit patriotique qui règne au pays. Même les quelques personnes qui avaient été apathiques ou isolationnistes sont maintenant réduites au silence par les événements. Bien que le Canada contienne son lot d’anti-impérialistes et de « partisans de l’immobilisme », la grande vague de patriotisme déferle », observe le journal, notant que chaque jour apporte de nouvelles preuves de la loyauté des Canadiens envers leur roi et leur pays.
Les habitants du Pontiac ont canalisé cette ferveur patriotique dans des actions concrètes. Les organisations locales et les bénévoles se sont mobilisés pour soutenir les soldats et leurs familles. The Equity rapporte que deux femmes de Shawville – Mlle M. McDowell et Mlle L. Armstrong – feront du porte-à-porte « pour recueillir des dons », répondant ainsi à l’appel de fonds patriotique. » Tout le monde devrait aider cette cause, quelle que soit la taille de sa contribution », exhortait le journal. Dans tout le comté, des initiatives similaires voient le jour.
Par exemple, dans le village de Fort Coulonge, un comité dirigé par M. Howard Mulligan et Mlle Sharpe a recueilli une » belle somme « de 1 790 $ pour le Fonds patriotique canadien, tel que rapporté à la fin du mois de septembre. Ce fonds avait été établi pour soutenir les personnes à charge des soldats, et l’importante collecte de Fort-Coulonge montre que même une petite ville du Pontiac a fait sa part avec enthousiasme. Il aurait été impensable de réunir de telles sommes aussi rapidement si la » vague de patriotisme » n’avait pas déferlé sur la communauté.
Les expressions de loyauté sont visibles dans la vie de tous les jours. Un commerçant local, M. Archie Dover, a trouvé un moyen patriotique d’attirer les clients dans son magasin : il a offert à chaque foyer un drapeau Union Jack gratuit « pendant la guerre ». « Obtenez-en un gratuitement chez Dover », disait sa publicité.
En août, une publicité enjouée illustre bien cette attitude équilibrée. La section quincaillerie du magasin J.H. Shaw incite les lecteurs à s’approvisionner en vinaigre et en produits de mise en conserve comme d’habitude, en temps de guerre ou non. « Mettez-vous au travail et préparez vos cornichons. Ne vous préoccupez pas de la guerre », proclamait joyeusement la publicité. Le message est subtil mais clair : restez calmes et continuez à être productifs, que ce soit en mettant des légumes en conserve ou en contribuant à des causes patriotiques.
Pour le secteur agricole, épine dorsale de l’économie du Pontiac, la guerre promet d’abord une forte demande. Les agriculteurs suivent les nouvelles de la guerre non seulement par patriotisme mais aussi par pragmatisme, s’interrogeant sur les débouchés de leurs produits. En septembre, les agriculteurs locaux apprennent qu’une exportation canadienne inattendue sera très demandée : le foin destiné aux armées européennes. The Equity publie un avis selon lequel « toutes les tonnes de foin en vente au Canada seront exportées vers l’Europe au cours des prochains mois pour répondre à la demande de la guerre ». Cette pénurie imminente de foin signifie « une forte demande de fil à foin et une forte hausse des prix est à prévoir ». La quincaillerie incite donc les agriculteurs à acheter du fil de fer à foin pendant qu’il est encore « au même prix », de peur de se retrouver sans fil lorsque les prix monteront en flèche. En effet, avec la mobilisation de dizaines de milliers de chevaux en 1914, le foin des fermes canadiennes alimentera bientôt les montures de la cavalerie britannique et française. Les fermiers du Pontiac étaient bien placés pour en profiter s’ils pouvaient acheminer leur foin vers le marché.
Les perspectives industrielles et commerciales locales sont également perçues avec un optimisme prudent. D’une part, la guerre perturbe les importations en provenance d’Europe (y compris les produits fabriqués en Allemagne qui étaient courants dans les magasins canadiens). D’autre part, les fabricants canadiens ont la possibilité de combler cette lacune. The Equity relaie les propos encourageants du ministre fédéral du Commerce , Sir George Foster. Prenant la parole lors de l’Exposition nationale canadienne à Toronto, Foster » a insisté sur le fait qu’au lieu de fermer des usines et de licencier des hommes, les fabricants […] devraient saisir l’occasion d’étendre leurs marchés, ce que la guerre leur offre « . Dans le Pontiac, ce message résonne par petites touches. Par exemple, la Shawville Sash and Door Factory et d’autres usines locales restent occupées, anticipant peut-être les commandes qui pourraient résulter de la demande en temps de guerre ou des projets de construction nationaux, alors que les approvisionnements étrangers sont limités. Les pages de The Equity en septembre 1914 présentent des publicités pour du bois d’œuvre, des outils agricoles et même une nouvelle machine à creuser les fossés fonctionnant à l’essence – signes que les affaires se poursuivent et que l’on regarde vers l’avenir, malgré l’incertitude.
Soldats mentionnés dans The Equity
Ces noms ont été extraits de copies de The Equity par l’IA et peuvent contenir des erreurs. N’hésitez pas à nous informer si vous en trouvez à l’adresse jon@theequity.ca.
| Date | Soldat | Statut |
|---|---|---|
| 13 août 1914 | Sgt Arthur Harrold | Membre du C.E.C.; a parcouru le district pour évaluer l'état de préparation des volontaires au service actif. |
| 13 août 1914 | Cpl T. Burton | Membre du C.E.C.; a parcouru le district avec le Sgt Harrold concernant le recrutement de volontaires. |
| 27 août 1914 | Maj. James McKenna | Officier du C.E.C.; a fait l'achat de dix chevaux pour la force militaire canadienne à Valcartier. |
| 27 août 1914 | Lt Robert Thexton | A pris en charge l'expédition des dix chevaux achetés par le Major McKenna vers le camp militaire. |
| 3 sept. 1914 | Lt John Edgar Mills | A pris en charge l'expédition d'un deuxième wagon de chevaux militaires vers les troupes à Valcartier. |
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Nous avons utilisé l’intelligence artificielle pour résumer ce qui a été couvert dans L’équité pendant cette partie de la Grande Guerre. Cliquez sur le bouton « play » pour écouter.
Chronologie : Juillet - septembre 1914
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