Printemps 1917

Les premiers mois de 1917 amènent le Pontiac dans la phase la plus difficile de la guerre – une période où la fierté, le chagrin et la division se côtoient. Les manchettes du journal The Equity sont dominées par les nouvelles du front, où les troupes canadiennes ont remporté une victoire éclatante sur la crête de Vimy. Ce triomphe est salué dans tout le Dominion comme la preuve que le Canada a atteint sa maturité sur la scène internationale. Pourtant, derrière la jubilation se cachent des pertes insupportables. Les listes de victimes s’allongent chaque semaine, portant le coût de cette victoire au cœur même de la communauté. Les familles parcourent les pages avec anxiété, à la recherche de noms familiers, sachant que chaque nouveau succès à l’étranger a été remporté grâce aux vies de villes comme Shawville, Quyon et Clarendon.

Les restaurations de l’IA du Corp. John X. Landry, Edgar B. Johncox, et Pte. G. R. Horner. Tous trois ont péri à la crête de Vimy. Publié dans The Equity, le 31 mai 1917.

Le bilan de la guerre est profondément personnel. Plusieurs hommes du Pontiac sont tombés lors de l’assaut sur la crête de Vimy le 9 avril – le caporal suppléant John Landry, le soldat Edgar B. Johncox, le soldat Fred Dean et le soldat J. Galloway en font partie. Leurs décès ont été signalés dans les mêmes numéros que ceux des blessés : Le soldat de deuxième classe Elton Howard, touché par un tir d’obus ; le mari de Mme Norman Smith, grièvement blessé aux deux genoux.

Plus tôt, en février, la communauté avait pleuré la perte du soldat Lorne P. Hodgins, l’un des nombreux jeunes hommes transférés au front pendant les mois d’hiver rigoureux. Des lettres en provenance de l’étranger font état à la fois de tragédies et de tendresse – une note de l’aumônier présentant ses condoléances à la famille Hodgins, et une autre du caporal Harold Armstrong décrivant ce qu’il a vécu de justesse lors d’un raid dans les tranchées. Dans un récit obsédant, un soldat local raconte qu’il a trouvé la tombe de son frère, alors qu’il le croyait simplement blessé. Ces moments révèlent la distance émotionnelle – et la proximité – qui définissent la guerre : la mort et le devoir s’entremêlent, transportés par-delà les océans dans des enveloppes.

Photo originale publiée dans The Equity, 5 avril 1917
AI restored photo of Lorne P. Hodgins
Photo restaurée du soldat Loren P. Hodgins. Loren P. Hodgins

Tandis que de nombreuses familles doivent faire face à la finalité d’un télégramme, d’autres se préparent à un retour différent, marqué à la fois par le soulagement et les cicatrices visibles du combat. Parmi ceux qui reviennent au Pontiac, le soldat Duncan B. Robinson, de Waltham, revient dans la communauté après avoir perdu une jambe au cours de son service sur la ligne de front. Son retour constitue un témoignage vivant de la violence des tranchées européennes, transformant les nouvelles abstraites des batailles lointaines en une réalité quotidienne tangible pour ses voisins. Bien qu’il ait survécu aux tirs d’artillerie lourde qui ont coûté la vie à tant de ses camarades, le sacrifice de Robinson est un rappel permanent que le prix du service ne se paie pas seulement en vies humaines, mais aussi dans l’avenir altéré des jeunes hommes qui ont réussi à revenir dans la vallée.

Photo recréée par AI du soldat Duncan B. Robinson et photo originale tirée du journal The Equity du 3 mai 1917. Duncan B. Robinson et l’original de The Equity, 3 mai 1917.

Sur le front intérieur, la vie se poursuit grâce aux efforts et à la générosité. Les clubs de ménagères d’Austin, de Clarendon et d’autres villages ont répondu à l’appel pour collecter des fonds pour les fournitures de la Croix-Rouge, en organisant des soirées, des thés et des tirages au sort pour envoyer de l’aide et du réconfort à l’étranger. Les dons au Fonds du tabac pour les soldats paraissent régulièrement dans le journal, rappelant que même une simple cigarette peut apporter un bref soulagement dans les tranchées. Ces gestes d’entraide, souvent dirigés par des femmes, maintiennent le lien entre le Pontiac et ses fils à l’étranger. Pourtant, il devient impossible d’ignorer les tensions économiques. Les prix des produits de base atteignent des sommets – même le thé le moins cher coûte maintenant cinquante cents la livre, la farine atteint dix dollars le baril et le blé frôle les deux dollars le boisseau. Les familles resserrent leur budget, estimant que l’économie n’est pas seulement vertueuse mais nécessaire.

Pour les agriculteurs, la production était à la fois un devoir patriotique et une bouée de sauvetage économique. Les éditoriaux invitent à « faire le maximum pour augmenter les réserves alimentaires », avec des conseils pratiques sur les pommes de terre, la rotation des cultures et la conservation des semences. La pénurie mondiale de produits importés d’Europe a même affecté les fromagers locaux, qui ont de nouveau été appelés à utiliser les méthodes traditionnelles de présure. Dans les scieries, la pénurie de main-d’œuvre s’aggrave ; les hommes sont recherchés partout et les femmes assument de plus en plus des rôles autrefois réservés aux hommes. Partout au Canada et dans le Pontiac, la présence des femmes dans les bureaux, les banques et les usines devient une caractéristique nouvelle et durable de la société en temps de guerre. Pendant ce temps, les entreprises locales continuent de s’adapter – de nouvelles sociétés sont constituées, des projets d’amélioration sont lancés et des tarifs industriels, même modestes, sont publiés – bien que la congestion des chemins de fer rende les affaires de plus en plus difficiles.

Photos recréées par l’IA du soldat Fred Dean, du lieutenant-caporal Walter Jones et du lieutenant-caporal Albert Hindes, et photos originales imprimées dans The Equity (en médaillon).

À la fin du printemps, la conversation est passée du sacrifice à l’obligation. L’annonce de la conscription par le Premier ministre Robert Borden a brisé l’illusion que l’armée canadienne pouvait être soutenue par les seuls volontaires. Les éditoriaux d’Equity reflètent l’état d’esprit du Canada anglophone : un soutien sans faille à la guerre, mais une critique féroce de ceux qui s’opposent au service obligatoire. Sir Wilfrid Laurier et les dirigeants libéraux du Québec sont accusés de « faire du camionnage au Québec » et d’encourager les « tire-au-flanc », des propos qui révèlent le fossé culturel brutal qui se creuse entre les Canadiens anglais et les Canadiens français.

Une publicité pour le Shredded Wheat, juillet 1917.
L’annonce de la conscription dans The Equity, le 24 mai 1917.

Au fil de la saison, le ton du journal – et des personnes qu’il reflétait – était à la fois résolu et las. Les rapports en provenance d’Europe sont remplis de sang et de gloire : Les Canadiens avancent à Vimy, repoussant l’ennemi au-delà de la crête, gagnant ainsi une place dans l’histoire. Pourtant, le poids de ce succès est partout visible – dans les longues listes de blessés, dans l’augmentation du prix des denrées alimentaires, dans la fatigue tranquille d’une communauté qui entame sa troisième année complète de guerre. « Un éditorial insistait sur le fait que « les Allemands doivent être mis à genoux avant que nous puissions parler de paix ». C’était à la fois un cri de ralliement et un aveu d’épuisement.

À l’approche de l’été, le Pontiac se trouve à la croisée des chemins. Les triomphes de 1917 ont eu un prix insupportable et l’unité du pays, autrefois incontestée, commence à se fissurer sous le poids de la conscription et des privations. Pourtant, les habitants de la région sont allés de l’avant, faisant preuve d’une loyauté inébranlable et d’une endurance à toute épreuve. Les mois à venir apporteront de nouveaux défis – les débats du Parlement, les protestations au Québec et l’agonie continue du front – mais aussi, peut-être, les premiers signes lointains que la fin de la guerre n’est plus inimaginable.

Soldats mentionnés dans The Equity

Ces noms ont été extraits de copies de The Equity par l’IA et peuvent contenir des erreurs. N’hésitez pas à nous informer si vous en trouvez à l’adresse jon@theequity.ca.

Mentionné Soldat / Personnel Statut / Détails
5 avr. 1917 Sdt L. P. (Loren) Hodgins 87e bataillon. Mort au champ d'honneur le 22 fév. 1917, en France.
5 avr. 1917 Lt Godfrey Alan Johnson 11e Cie de campagne, Génie canadien. Décoré de la Croix militaire pour avoir capturé 15 soldats et un officier alors qu'il n'était pas armé.
12 avr. 1917 Sdt Duncan Lunam Fils de John Lunam (Campbell's Bay). Mort au champ d'honneur en France, le 28 mars 1917.
12 avr. 1917 Sdt Robinson De Waltham. A passé les vacances de Pâques à visiter la Capitale.
12 avr. 1917 Howard et Bryson Leggo Fils de feu Alpheus Leggo (Fort-Coulonge). Howard sert outre-mer ; Bryson est à l'entraînement au Canada.
12 avr. / 24 mai Sdt Peter Blatchford 222e bataillon (Portage-du-Fort). Jeune homme de 19 ans initialement rapporté blessé, puis confirmé mort au champ d'honneur.
12 avr. 1917 Sdt Lawrence Coyne De Portage-du-Fort. Gazé sur le champ de bataille ; retourné au foyer.
12 avr. 1917 Aviateur P. Kennedy De Portage-du-Fort. Tué lors d'un raid aérien.
12 avr. 1917 Sdt Wm. Madore De Portage-du-Fort. Signalé blessé sur les listes de pertes.
12 avr. 1917 Sdt Richard Vaughan De Portage-du-Fort. Présumé mort au champ d'honneur.
12 avr. 1917 McMillan De Portage-du-Fort. Gazé mais a survécu ; récemment revenu à la maison.
19 avr. / 3 mai Cap-C Harold Armstrong A décrit un raid dans les tranchées dans une lettre ; plus tard rapporté blessé dans le district d'Arras.
19 avr. 1917 Sdt Elton Howard 188e bataillon (Onslow). Signalé blessé au front.
19 avr. 1917 Sdts E. L. et Ben Edey Frères de Bristol. E. L. est rapporté blessé ; Ben est stationné à proximité au front.
19 avr. 1917 Capitaine Rév. J. A. Macfarlane Aumônier, 217e bataillon. Service outre-mer refusé en raison des nouveaux règlements sur la limite d'âge.
19 avr. 1917 Sdt E. V. Amy Blessé pour la deuxième fois ; en convalescence à l'hôpital V.A.D., Little Heath, Angleterre.
3 mai 1917 Tom Tripp Affecté aux détachements d'artillerie de la 79e batterie.
3 mai 1917 Sdt Duncan H. Robinson Signalé blessé sur les listes de pertes.
3 mai / 31 mai Cpl John N. Landry Mort au champ d'honneur le 9 avril lors de l'assaut de la crête de Vimy.
3 mai 1917 Sdt Knox et Sdt Cadieux Roy Knox (Campbell's Bay) et O. C. Cadieux (Quyon). Tous deux portés sur la liste des blessés.
3 mai 1917 Sdt M. Finan et Silas Sturgeon Tous deux inscrits comme blessés dans les rapports de pertes.
3 mai / 17 mai Sdt Edward McN. Findlay De Wyman. Blessé par des éclats d'obus à la crête de Vimy ; en convalescence à Cardiff, au pays de Galles.
3 mai 1917 Soldat John Howard Inscrit comme blessé dans les rapports de pertes.
3 mai / 7 juin Soldat Fred Dean De Bristol (Peloton no 5). Mort au champ d'honneur à la crête de Vimy le 9 avril.
3 mai 1917 Sdt Audrey Eades Transport mécanique. Blessé lors de violents combats dans le district d'Arras.
10 mai 1917 Sgt Willie Carey De Starks Corners. Blessé à la crête de Vimy ; transféré au QG du 78e bataillon comme estafette.
10 mai 1917 Gordon Anderson Estafette du 78e bataillon. Décoré de la Médaille militaire pour sa bravoure sur la Somme.
24 mai 1917 R. Beckett et F. Argue Raymond Beckett et Forest Argue (Shawville). Tous deux enrôlés dans l'artillerie de siège lourde à Ottawa.
24 mai 1917 Milton Howard 207e bataillon (Onslow). Relevé de ses fonctions pour cause de maladie ; décédé à l'hôpital d'Ottawa.
24 mai 1917 A. Marshall Howard A combattu à la crête de Vimy. A découvert la tombe de son frère, Jack, alors qu'il était en France.
24 mai 1917 Jack Howard Mort au champ d'honneur à la crête de Vimy.
24 mai 1917 Sdt E. G. Proudfoot Neveu de Mme G. H. Brabazon (Portage-du-Fort). Inscrit comme mort au champ d'honneur.
24 mai 1917 Garfield et Everett Horner Garfield est à l'entraînement en Angleterre ; Everett sert dans la Marine.
24 mai 1917 Cap-C Crawford T. Dolan 87e bataillon (Canadiens). A fait rapport sur le décès d'Edgar Johncox.
24 mai 1917 Sdt George Wilson 136e bataillon (Otter Lake). Mort au champ d'honneur en France, le 16 avril 1917.
31 mai 1917 Edgar B. Johncox 87e bataillon (Portage-du-Fort). Mort au champ d'honneur à la crête de Vimy le 9 avril, à l'âge de 22 ans.
31 mai 1917 Sdt G. R. Horner Peloton no 9 (Mitrailleur). Tué instantanément à la crête de Vimy alors qu'il aidait un camarade.
31 mai 1917 Sdt Lawrence Thomas De Bristol. Les rumeurs initiales sur son décès se sont révélées « heureusement fausses ».
7 juin 1917 Claude et Arthur Shaw 73e batterie, A.C.C. Claude se remet d'une blessure par éclats d'obus au genou ; Arthur est également outre-mer.
7 juin 1917 Cap-C Albert Hindes Mort au champ d'honneur à la crête de Vimy, le 9 avril. Félicité pour sa bravoure lors des combats de la Somme.
7 juin 1917 Louis Ethier (Hickey) Ancien tailleur de Shawville. A servi aux Bermudes ; mort au champ d'honneur en France.
14 juin 1917 Erwin Sly Artillerie côtière des É.-U. ; en attente de son appel au service.
14 juin 1917 Dr Frederic Nicholai Corps de l'intendance militaire belge et canadien. Invalide et libéré après une grave maladie.
21 juin 1917 Sdt T. E. Lunam De Campbell's Bay. Porté sur la liste des blessés.
21 juin 1917 Sdt John W. Elliott 77e bataillon. Blessé pour la deuxième fois et envoyé en Angleterre.
21 juin 1917 Sdt J. Galloway 38e bataillon (Wyman). Tué alors qu'il tentait de pénétrer dans une tranchée allemande.
28 juin 1917 Willie Wilson 73e batterie. Rétabli d'une pneumonie et en visite à Green Lake.
28 juin 1917 Sdt J. M. Kempt Transport mécanique (Blackburn). A visité des amis au cours de la fin de semaine.
28 juin 1917 Sdt Orlie Thomson De Portage-du-Fort. Arrivé d'outre-mer avec une libération honorable.

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Chronologie : Avril - juin 1917

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April 5, 1917

April 12, 1917

April 19, 1917

April 26, 1917

May 3, 1917

May 10, 1917

May 17, 1917

May 24, 1917

May 31, 1917

June 7, 1917

June 14, 1917

June 21, 1917

June 28, 1917

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